La Section de Deuil Enghien

« Socialisation et allocation communale de solidarité : des outils inséparables de politique sociale locale envers les familles en difficultés »

0 commentaire Le par

Comment éviter qu’une partie de la jeunesse des familles modestes ou en difficultés sociales ne s’engage dans des actes déviants voire délinquants ? Le désœuvrement dans les rues, parfois autour de marchés de drogues (cf. 13 mars 2010: Prise record de cannabis à Deuil-La-Barre), pendant les vacances et les soirs et fin de semaine, est le plus souvent signe d’une vie familiale violente et / ou déstructurée, et mise à distance par les jeunes.

Une réelle et large politique sociale envers les familles en difficultés sociales doit comporter :

–          Une action en direction des jeunes dans les rues : animation socio-culturelle et éducation avec de nombreux moyens constants, adaptés et évolutifs selon les besoins et les périodes ;

–          Une action sociale en direction des parents de ces familles : influencer leur « politique » éducative vers la protection et l’accompagnement de leurs enfants à l’épanouissement et à l’autonomie (exigences sociales mises en œuvre par les classes moyennes), alors même que les diverses cultures éducatives des familles populaires et modestes sont souvent centrées sur la conformité à l’autorité (« filer droit ») et l’alignement aux comportements d’adultes (« se tenir comme les parents »).

Cette action envers les parents peut comporter deux axes distincts, l’un social et l’autre économique, qui sont indissociables. L’un sans l’autre ne peut fonctionner, ce qui explique les échecs chroniques des politiques sociales de la famille et de prévention de la délinquance des jeunes :

1. Favoriser les actions de « soutien à la parentalité » de la part des associations et des services sociaux institutionnels, pour favoriser leur adoption des valeurs et des normes dominantes des classes moyennes :

  • prise en compte de la personnalité des enfants, de leur protection et de leur épanouissement ;
  • accompagnement dans leurs activités et processus d’autonomisation (écoles, études, insertion professionnelle, logement…) ;

2. Offre d’une allocation de solidarité communale forfaitaire à toutes les familles situées sous le seuil de pauvreté de la région parisienne (selon les données INSEE), car pas d’adoption des normes dominantes en matière éducative sans moyens financiers minimum et une sécurité sociale qui les garantit :

. Il s’agit d’appliquer l’allocation universelle promue par de nombreux courants intellectuels, sociaux et politiques[1] ;

. Montant défini par étape : estimation du besoin selon proportion de la population pauvre dans la population communale et les sommes nécessaires pour combler les niveaux de vie par rapport au seuil de pauvreté ; le financement des allocations se ferait selon les ressources de la commune, au minimum la part proportionnel que devrait verser la collectivité territoriale si cette allocation était versée familles par les tous les échelons politico-administratifs du pays ;

. L’objectif prioritaire est de verser une allocation permettant de dépasser le seuil de pauvreté, et de supprimer les populations pauvres sur le territoire ;

Cette orientation serait à débattre publiquement. Chaque année, dans le débat budgétaire, le besoin de financement nécessaire serait estimé, et les moyens de le satisfaire seraient proposés par la municipalité, qui répercuteraient cette demande aux autres échelons politico-administratifs, via ou non des dispositifs financiers existants déjà.

Jean-Bernard Chebroux, Sociologue, Militant social et démocrate

Du même auteur : Conférence à Deuil la barre sur la « troisième guerre mondiale » : une communication politique biaisée des conservateurs locaux ».


[1] L’allocation universelle – dividende universel ou encore revenu universel citoyen -, sont promues par de nombreux philosophes, économistes et de nombreuses personnalités politiques de sensibilités sociales, humanistes, et écologiques : Les Verts, les Démocrates chrétiens, Utopia – mouvement transpartisan Verts, PS et Parti de Gauche – et le Mouvement des Libéraux de gauche ont proposé cette allocation lors des dernières élections. Il s’agit de reconnaître en chacun le droit de vivre décemment en bénéficiant des bienfaits collectifs de la société qu’ont généré les générations passées et dont chaque nouveau membre est fondé légitimement à espérer une part sociale d’héritage. Sans compter les effets positifs en termes éducatifs et d’investissement dans l’avenir lorsque chaque famille et leurs enfants sont dotés de cette propriété sociale qui sécurise en partie les conditions d’existence. Cf. l’article Allocation universelle de Wikipédia, mais surtout les ouvrages de Philippe Van Parijs (ex. Refonder la solidarité).

Soyez le premier à commenter cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sur le même thème, lire aussi :

Les derniers contenus multimédias