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Date du triste anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès

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Aujourd’hui, Mardi 31 Juillet, célèbre la date du triste anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès, par un militant d’extreme-droite, il y a 98 ans.

Un grand homme d’Etat qui a tant apporté à la France et qui a remis le débat des idées au coeur de notre projet pour la France.

Paix à son âme

1885-1898 : La progressive adhésion au socialisme

L’entrée en politique comme républicain (1885-1889)

Jean Jaurès, formé intellectuellement durant la difficile naissance de la IIIe République, entre en politique à 25 ans comme candidat républicain aux élections législatives de 1885. Il est élu7 et siège à l’assemblée nationale parmi les républicains « opportunistes » où il soutient le plus souvent Jules Ferry. En 1889, Jean Jaurès n’est pas réélu.

La découverte du socialisme

Privé de son mandat de député en 1889, Jean Jaurès reprend son enseignement à la faculté de Toulouse. Il est reçu docteur en philosophie en 1892 avec sa thèse principale De la réalité du monde sensible et sa thèse secondaire en latin, Des origines du socialisme allemand chez Luther, Kant, Fichte, et Hegel8. Jean Jaurès continue également son activité politique. À partir de 1887, il collabore au journal la Dépêche du Midi (alors appelée Dépêche de Toulouse) de tendance radicale. Il devient conseiller municipal sur les listes radicales-socialistes, puis maire adjoint à l’instruction publique de Toulouse (18901893). Ses travaux intellectuels, son expérience d’élu local, sa découverte des milieux ouvriers et des militants socialistes, l’orientent vers le socialisme. Cette évolution s’achève avec la grève des mineurs de Carmaux.

La grève des mineurs de Carmaux : l’adhésion définitive au socialisme (1892)

Article détaillé : Grèves de Carmaux de 1892-1895.

Monument de Jean Jaurès à Carmaux, sculpture de Gabriel Pech.

En 1892, quand éclate la grande grève des mineurs de Carmaux, Jean Jaurès est à l’écart de la vie politique nationale. L’origine du conflit est le licenciement de Jean-Baptiste Calvignac – ouvrier mineur, leader syndical et socialiste qui venait d’être élu maire de Carmaux le 15 mai 1892 – par la Compagnie des mines que dirigent le Baron Reille, président du conseil d’administration (l’homme fort de la droite tarnaise) et son gendre Ludovic de Solages, membre de ce même conseil (député de la circonscription depuis septembre 1889), propriétaire de mines et de verreries. Le prétexte motivant le licenciement se trouve dans les absences de Jean-Baptiste Calvignac causées par ses obligations d’élu municipal. Ce licenciement est considéré par les mineurs comme une remise en cause du suffrage universel et des droits réels de la classe ouvrière à s’exprimer en politique.

Les ouvriers se mettent en grève pour défendre « leur » maire. Le président Sadi Carnot envoie l’armée (1 500 soldats) au nom de la « liberté du travail ». En plein scandale de Panamá, la République semble ainsi prendre le parti du patronat contre les grévistes.

Dans ses articles à la Dépêche, Jean Jaurès soutient, aux côtés de Georges Clemenceau, la grève. Il accuse la République d’être aux mains de députés et ministres capitalistes favorisant la finance et l’industrie aux dépens du respect des personnes. Durant cette grève, il fait l’apprentissage de la lutte des classes et du socialisme. Arrivé intellectuel bourgeois, républicain social, Jean Jaurès sort de la grève de Carmaux acquis au socialisme.

Sous la pression de la grève et de Jaurès, le gouvernement arbitre le différend Société des Mines de Carmaux-Calvignac au profit de l’ouvrier Calvignac en lui donnant un congé illimité pour qu’il exerce ses fonctions de maire. Solages démissionne de son siège de député et provoque l’élection anticipée de janvier 1893. Jaurès est alors désigné par les ouvriers du bassin pour les représenter à la Chambre. Il est élu le 8 janvier 1893 comme socialiste indépendant malgré les votes ruraux de la circonscription.

Le premier mandat comme député socialiste de Jaurès (1893-1898)

Désormais, Jean Jaurès représente à la chambre des députés les mineurs de Carmaux. Il milite avec ardeur contre les lois scélérates. Surtout, Jaurès se lance dans une incessante et résolue défense des ouvriers en lutte. Il défend les verriers d’Albi, renvoyés par leur patron Rességuier. Ce qui lui vaut l’ouverture d’une information judiciaire pour entrave à la liberté de travail, abandonnée fin 1895. C’est aussi à l’occasion de la découverte de fonds venant de hauts lieux chez un anarchiste de retour de Carmaux[pas clair] qu’il se lance dans un discours à la Chambre, le 30 avril 1894, dans lequel il dénonce la politique répressive du gouvernement, la censure du Père Peinard, « consacré presque tout entier à injurier les députés socialistes », le deux poids- deux mesures avec, d’un côté, la censure des journaux et députés socialistes, de l’autre la tolérance de discours également contestataires de certains catholiques (Albert de Mun, l’article « La Bombe » dans La Croix de Morlay, les articles de La Croix ou l’article du Père Marie-Antoine publié dans L’Univers puis dans L’En-dehors et titré « Le Christ et la Dynamite », qui évoquait la propagande par le fait) et enfin l’usage des agents provocateurs :

C’est ainsi que vous êtes obligés de recruter dans le crime de quoi surveiller le crime, dans la misère de quoi surveiller la misère et dans l’anarchie de quoi surveiller l’anarchie. (Interruptions au centre. — Très bien ! très bien ! à l’extrême gauche.)
Et il arrive inévitablement que ces anarchistes de police, subventionnés par vos fonds, se transforment parfois — comme il s’en est produit de douloureux exemples que la Chambre n’a pas pu oublier — en agents provocateurs9.

Et d’évoquer un certain Tournadre, actif lors des grèves de 1892, qui avait proposé aux ouvriers de Carmaux des fonds pour acheter de la dynamite et éventuellement de s’enfuir ensuite en Angleterre : or, selon Jaurès, alors que Tournadre avait répondu aux ouvriers qu’il avait des « amis capitalistes à Paris », les perquisitions menées chez Tournadre à Carmaux avaient conduit à la découverte de deux lettres, l’une du baron de Rothschild, l’autre de la duchesse d’Uzès9 10. Malgré ce discours, la Chambre vota dans une large majorité la confiance au gouvernement. Dans le sillage de la grève de Carmaux, il participe à la fondation de la Verrerie ouvrière d’Albi, premier grand exemple d’entreprise autogérée.

Dans le Languedoc viticole, il visite les « vignerons libres de Maraussan » qui créent la première cave coopérative. Aux élections de 1898, il est battu par le marquis Jérôme de Solages, héritier du fondateur de la Compagnie de Carmaux.

1898-1914 : Jaurès, le leader socialiste français

L’affaire Dreyfus

Au début de l’affaire Dreyfus, Jaurès est convaincu de la culpabilité du capitaine Dreyfus. Jaurès utilise même la sentence de déportation, qu’il juge clémente, pour dénoncer l’incohérence de la justice militaire dans un discours à l’assemblée11. Face à la campagne de révision, Jaurès reste donc au départ en retrait. Mais, en 1898, Jean Jaurès est convaincu de l’innocence de Dreyfus par le J’accuse de Zola et par ses conversations avec la jeune promotion normalienne (en particulier Lucien Herr) et avec des militants allemanistes (socialistes révolutionnaires) qu’il estime.

Jean Jaurès s’engage alors avec passion dans la défense de Dreyfus. Pour lui, l’affaire est non seulement un problème de justice individuelle, mais surtout de respect de l’humanité elle-même. En effet, elle pose le problème du mensonge et de l’arbitraire des grandes institutions, notamment de l’armée qui entend avoir une « justice » séparée. En outre, elle est utilisée par les droites catholique et nationaliste pour renverser la République12,13. Il s’oppose alors à certains autres socialistes, dont Jules Guesde pour qui Dreyfus est un officier bourgeois dont la défense ne serait pas prioritaire (le souvenir de la répression sanglante de la Commune de Paris, et d’autres révoltes ouvrières, est pour beaucoup dans la défiance de militants ouvriers envers la cause d’un officier).

Mais pour Jaurès, l’accablement de malheurs et d’injustices dont Dreyfus est victime font de lui un homme qui souffre des persécutions de la caste militaire, qui est le « gardien armé du Capital », et donc l’ennemi du prolétariat14.

Avec l’affaire Dreyfus, Jaurès devient un homme politique à l’influence nationale.

Le socialiste, soutien de la République (1898-1904)

Battu aux élections de 1898 (l’installation de la Verrerie ouvrière à Albi et son ardente défense de Dreyfus ont provoqué sa défaite), Jaurès se consacre au journalisme et devient co-directeur de La petite république un journal socialiste républicain. C’est dans les colonnes de ce journal qu’il publie Les preuves relatives à l’affaire Dreyfus. Par ses articles, il soutient le gouvernement Waldeck Rousseau de Défense républicaine, qui associe à son action, pour la première fois dans l’histoire de la République, un socialiste, Alexandre Millerand, nommé au commerce et à l’industrie. Parallèlement, il dirige une Histoire socialiste de la France contemporaine (Éditions Rouff) pour laquelle il rédige les volumes consacrés à la Révolution française (19011903).

En 1902, Jean Jaurès participe à la fondation du Parti socialiste français. La même année, il parvient à reconquérir le siège de député de Carmaux qu’il conserve d’ailleurs jusqu’à sa mort (réélu en 1906, 1910 et 1914). Son talent d’orateur lui permet de devenir le porte-parole du petit groupe socialiste de l’Assemblée nationale.

Jaurès et son Parti socialiste français s’engagent nettement en faveur du Bloc des gauches et du gouvernement Combes (19021905). Jaurès participe à la rédaction de la loi de séparation des Églises et de l’État (décembre 1905). Cependant, Jaurès et les autres socialistes sont déçus par la lenteur des réformes sociales. Le dynamisme du Bloc des gauches s’épuise. Jaurès, vice-président de la Chambre en 1902, n’est pas réélu à cette fonction en 1904. Le rapprochement politique avec un gouvernement « bourgeois » allant jusqu’à la participation gouvernementale est, de plus, condamné par l’Internationale Socialiste.

La création de l’Humanité et l’unification du mouvement socialiste

En 1904, Jaurès fonde le quotidien L’Humanité qu’il dirige jusqu’à sa mort. Jaurès sous-titre son journal « quotidien socialiste » et l’utilise pour accélérer l’unité socialiste. Celle-ci est réalisée sous la pression de la Deuxième Internationale au Congrès du Globe (avril 1905) avec la création de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), unifiant les différentes sensibilités socialistes de France.

Jaurès partage la direction de la SFIO avec le marxiste Jules Guesde. La SFIO fait sien le constat de la lutte des classes15, et s’affirme clairement internationaliste. Pour l’unité, Jaurès a accepté l’abandon du soutien au gouvernement. Mais, il a obtenu des guesdistes l’insertion de la SFIO dans la démocratie parlementaire. Dirigeant politique important, il engage le dialogue avec les syndicalistes révolutionnaires de la CGT. En 1914, la SFIO rassemble 17% des voix et obtient 101 sièges de députés.

Le pacifisme

Manifestation au Pré-Saint-Gervais contre la loi des trois ans (25 mai 1913)- discours de Jean Jaurès.

Jaurès lutte contre la venue de la guerre les dix dernières années de sa vie. Il est très préoccupé et inquiet face à la montée des nationalismes et par les rivalités entre les grandes puissances (surtout pendant les guerres balkaniques en 19121913). En 1910, il rédige une proposition de loi consacrée à l’armée nouvelle dans laquelle il préconise une organisation de la Défense nationale fondée sur la préparation militaire de l’ensemble de la Nation. Il mène une vigoureuse campagne contre la Loi des trois ans de service militaire, défendue ardemment par le député Émile Driant. La loi est votée en 1913 malgré le rassemblement du Pré-Saint-Gervais le 25 mai 1913 où Jaurès fait un discours devant 150 000 personnes.

L’année 1914 semble relancer les espoirs de paix : la guerre dans les Balkans est finie, les élections en France sont un succès pour les socialistes. Mais l’attentat de Sarajevo le 28 juin 1914 et l’ultimatum autrichien à la Serbie du 23 juillet 1914 relancent les tensions entre les grandes puissances.

Jaurès tente d’infléchir dans un sens favorable à la paix la politique gouvernementale. Il rappelle le mot d’ordre de grève générale décidé par l’Internationale ouvrière en cas de déclenchement de la guerre.

Assassinat du 31 juillet 1914

Article détaillé : Assassinat de Jean Jaurès.

Le pacifisme de Jaurès le fait haïr des nationalistes. Pendant la journée du Vendredi 31 juillet 1914,16 il tente ,d’abord à la Chambre des Députés, puis au Ministère des Affaires Etrangères de stopper le déclenchement des hostilités. En fin d’après-midi, il se rend à son journal L’Humanité pour rédiger un article qu’il conçoit comme un nouveau J’accuse. Avant la nuit de travail qui s’annonce, il descend avec ses collaborateurs pour dîner au Café du Croissant, rue Montmartre. Vers à 21h 30 , un étudiant nationaliste déséquilibré Raoul Villain tire deux coups de feu par la fenêtre ouverte du Café et abat Jaurès à bout portant.

Cet assassinat facilite le ralliement de la gauche, y compris de beaucoup de socialistes qui hésitaient, à l’« Union sacrée ». La grève générale n’est pas déclarée.

Le 29 mars 1919, le meurtrier de Jaurès est acquitté dans un contexte de fort nationalisme.

Les idées socialistes de Jaurès: le Jaurésisme

Le socialisme de Jean Jaurès mêle le marxisme aux traditions révolutionnaires et républicaines françaises. Le socialisme de Jaurès est souvent qualifié d’«humaniste» avec ses références constantes à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et à la Révolution française dont il fut l’historien.

Jaurès retient du marxisme l’idée du danger de la concentration capitaliste, la théorie de la valeur et la nécessité de l’unité du prolétariat. Jaurès est évidemment favorable à des lois de protection sociale. Il souhaite aussi une collectivisation volontaire et partielle. Il veut la démocratisation de la propriété privée et non sa destruction et il est attentif aux mouvements coopératifs (Verrerie ouvrière d’Albi).

Socialiste, Jaurès dénonce le contraste entre l’énorme misère du prolétariat industriel et l’insensibilité sociale de la bourgeoisie. Pendant une longue époque du dix-neuvième siècle, la défense égoïste de ses privilèges a poussé la bourgeoisie à vouloir imposer le silence au prolétariat en lui interdisant le droit de grève et le droit syndical (qui ne sera reconnu qu’en 1884). Dans son livre intitulé Jean Jaurès, un combat pour L’Humanité, Pascal Melka montre en quels termes Jaurès dénonce cette situation dans sa plaidoirie au procès qui a opposé en 1894 le journaliste Gérault-Richard au Président de la République Casimir Périer :

« Et vous vous étonnez de la véhémence de nos paroles, de la force de nos accusations ! Mais songez donc que nous parlons au nom d’un siècle de silence ! Songez donc qu’il y a cent ans il y avait dans ces ateliers et dans ces mines des hommes qui souffraient, qui mouraient sans avoir le droit d’ouvrir la bouche et de laisser passer, en guise de protestation, même leur souffle de misère : ils se taisaient. Puis un commencement de liberté républicaine est venu. Alors nous parlons pour eux, et tous leurs gémissements étouffés, et toutes les révoltes muettes qui ont crié tout bas dans leur poitrine comprimée vibrent en nous, et éclatent par nous en un cri de colère qui a trop attendu et que vous ne comprimerez pas toujours. »

Jaurès conçoit, par ailleurs, le passage au socialisme dans le cadre de la République parlementaire. Attaché aux traditions républicaines françaises, il n’est cependant pas centralisateur (comme le montrent ses idées sur l’enseignement des langues régionales17).

Jean Jaurès, les socialistes et l’antisémitisme

Jaurès fréquente des amis sans distinction d’origine, de race ou de religion. Il est possible de relever un prompt dédain à l’égard des menées antisémites de socialistes : dès 1890, comme le relève Jórdi Blanc, il les dénonce comme de « faux socialistes », socialistes « de château et de sacristie », et les qualifie en termes particulièrement sévères : « charlatans de la réaction et du boulangisme », « singes malfaisants ». De même, Drumont, l’auteur à succès en 1886 de La France juive, est constamment moqué par Jaurès, qui l’appelle par antiphrase « psychologue de génie » ou « profond sociologue » et le prend manifestement et régulièrement pour un vrai imbécile. Il avait condamné le racisme et l’antisémitisme dès le 2 juin 1892, dans son article de La Dépêche de Toulouse intitulé : «La question juive».

Je n’ai aucun préjugé contre les Juifs : j’ai peut-être même des préjugés en leur faveur, car je compte parmi eux, depuis longtemps, des amis excellents qui jettent sans doute pour moi un reflet favorable sur l’ensemble d’Israël. Je n’aime pas les querelles de race, et je me tiens à l’idée de la Révolution Française, si démodée et si prudhommesque qu’elle semble aujourd’hui : c’est qu’au fond il n’y a qu’une race, l’humanité.

Par ailleurs, dans ce même article, Jaurès, qui est profondément religieux, insiste sur les racines juives du socialisme, écrivant notamment ceci :

D’ailleurs, la race juive est par certains côtés très grande : c’est le prophétisme juif qui a fondé l’idée du droit et de l’universelle solidarité; il a rêvé la fraternité de tous les hommes, la fraternité même des hommes et des bêtes, le lion couchant sur la paille fraîche à côté de l’agneau; il a affirmé le droit et prêché, au profit des spoliés, la révolution sociale, si bien que c’est surtout dans le prophétisme juif qu’on peut trouver la condamnation de la finance juive; et il n’est pas aussi étrange qu’il paraît d’abord que ce soient des socialistes d’origine juive, Lassalle et Marx, qui aient fait la critique la plus puissante et la plus âpre du capital.

Cette critique de l’antisémitisme, présente dès 1892, poussera Jaurès à devenir viscéralement dreyfusard.

Mémoire de Jaurès

Hommages politiques

Centre National et Musée Jean Jaurès à Castres sa ville natale.

« Place Nationale » rebaptisée en 1920 « place Jean Jaurès », à Castres.

Tombe de Jean Jaurès au Panthéon de Paris.

En 1917, Léon Trotski écrit un éloge de Jean Jaurès qu’il conclut par ces mots : « Jaurès, athlète de l’idée, tomba sur l’arène en combattant le plus terrible fléau de l’humanité et du genre humain : la guerre. Et il restera dans la mémoire de la postérité comme le précurseur, le prototype de l’homme supérieur qui doit naître des souffrances et des chutes, des espoirs et de la lutte »18.

À l’issue de la « Grande Guerre » et de ses massacres, de nombreuses communes françaises baptisent des rues et des places en l’honneur de celui qui fut un grand défenseur de la paix. A Castres, sa ville natale, le collège où il étudia porte également son nom. De plus, la principale place de la ville qui s’appelait « Place Nationale » a été rebaptisé « Place Jean Jaurès » en 1920. Deux stations du métro de Paris (Jaurès et Boulogne — Jean Jaurès) portent aussi son nom : la première fut ainsi en urgence baptisée dès le 1er août 1914 en remplacement du nom rue d’Allemagne. Une station du métro toulousain, du Métro de l’agglomération de Lille et une station du Métro de Lyon portent aussi son nom. De nombreuses écoles et de nombreux collèges et lycées portent également son nom.

En 1924, la décision du transfert de la dépouille de Jean Jaurès au Panthéon est l’occasion pour le gouvernement du Cartel des gauches qui vient d’être élu de se donner un ancrage symbolique tout en rendant hommage à celui qui a tenté d’empêcher la guerre. Le dimanche 23 novembre 1924, sa dépouille est conduite au Panthéon lors d’une grandiose cérémonie à laquelle participent les mouvements politiques de gauche, excepté le Parti communiste français, exclu de la cérémonie officielle, qui organise sa propre manifestation et proteste contre la « récupération » de Jaurès.

Le 21 mai 1981, François Mitterrand, nouvellement élu Président de la République se rend au Panthéon et s’incline devant la tombe de Jaurès, puis de Victor Schoelcher et de Jean Moulin.

Le Parti socialiste a choisi d’appeler sa fondation politique, la Fondation Jean-Jaurès.

Statue de Jean Jaurès à Suresnes.

Hommages artistiques

La chanson de Jacques Brel intitulée Jaurès (1977), reprise par la suite par Manu Dibango puis par Francesca Solleville, Zebda et Erik Marchand, rappelle à quel point l’homme politique était devenu une figure mythique des classes populaires. En 2005, un téléfilm lui est consacré : Jaurès, naissance d’un géant, de Jean-Daniel Verhaeghe avec Philippe Torreton et Valérie Kaprisky. De nombreuses statues de Jean Jaurès ont été érigées dans les villes de Castres, Carmaux, Suresnes, etc.

L’artiste Jihel a rendu de nombreux hommages à Jean Jaurès au travers de dessins qui se trouvent pour la plupart au Centre National et Musée Jean Jaurès à Castres, il s’y réfère entre autres dans sa série Ciment de l’histoire.

En 2012 l’homme politique est l’effigie d’une pièce de 10 € en argent éditée par la Monnaie de Paris , pour la collection « Les Euros des Régions » afin de représenter les Midi-Pyrénées, sa région natale.

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